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Selon Patrick Weil, directeur de recherche au CNRS, engagé en faveur des droits des immigrés : « La politique à l’encontre des migrants s’est durcie en France »

21/01

« La politique à l’encontre des migrants s’est durcie en France, en paroles et en actes »

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Vous êtes coauteur d’un ensemble de propositions de refonte de la politique migratoire. Pourquoi ce sujet s’impose aujourd’hui ?

Nous sommes dans une situation de tension dangereuse. L’action publique est dans une impasse et le discours politique se radicalise. D’un côté, on affiche le pouvoir absolu de l’Etat au détriment du droit, et de l’autre, on prône la suppression de tout pouvoir d’Etat par l’ouverture des frontières. Pourtant, quand entre experts, élus, entreprises, syndicalistes, administrations, associations, étrangers et citoyens français, on se retrouve et on se parle, très vite un diagnostic se dégage : il y a un décalage de plus en plus déroutant entre les pratiques administratives et les valeurs qui fondent notre droit républicain. Je pense au respect du droit d’asile et de la vie familiale, à l’effectivité du départ de ceux qui doivent quitter le territoire, à l’accès à l’immigration de travail. Les fonctionnaires en souffrent aussi d’ailleurs.

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Nous payons aujourd’hui cette absence de coopération européenne. Nous sommes devenus parmi les pays d’Europe où la demande d’asile est la plus forte, même si c’est encore sans commune mesure avec ce que l’Allemagne a connu. En réaction, la politique à l’encontre des migrants s’est durcie, en paroles et en actes. Pour les dissuader de venir en France, on a abusé de pratiques portant atteinte à la dignité humaine, jugées comme telles par le Conseil d’Etat. On favorise aujourd’hui des situations de non-droit, dans lesquelles des personnes ne sont ni régularisées ni reconduites. C’est cette logique qu’il faut stopper et inverser.

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Le Monde


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