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Maroc : le Royaume, soutenu financièrement par l’UE, était censé être le gendarme de l’Europe concernant le passage des migrants subsahariens

15/12

À la fin des années 1990, le Maroc fut désigné comme l’un des deux voisins (avec l’Algérie) de l’Europe à devoir agir prioritairement contre les clandestins. Idriss Basri, alors Ministre de l’Intérieur au Maroc, a exprimé en 1999 sa volonté que le Maroc devienne «un pays associé à la politique européenne de l’immigration». Selon lui, «L’objectif principal pour le Maroc, consiste à être partie prenante de la politique européenne de l’immigration consécutive à l’instauration de l’Espace Schengen. Le Maroc est en effet conscient des intérêts mutuels qu’il a à défendre avec l’Union Européenne. La défense de l’espace européen ne peut être efficace que si le Maroc y apporte sa contribution.»

Le Maroc a accepté de signer des accords bilatéraux de réadmission en 2000, et a imposé des visas aux ressortissants Sénégalais, Malien, Congolais, Ivoirien, Guinéen (Conakry) et Nigérien, les principales nationalités subsahariennes présentes sur le sol Marocain. Cependant les réadmissions n’ont été réellement effectives qu’en 2013. Dans le cadre du «Partenariat Euro-méditerranéen», à partir de 2002, le Maroc et l’Union Européenne se sont consacrés aux enjeux migratoires. Autrement dit à lutter contre le passage de tous les clandestins à la frontière maroco-espagnole.

La principale source d’aide extérieure pour le Maroc est l’Union Européenne qui représente, à elle seule, près de 50% de l’aide totale (en milliard) apportée au Maroc en 2003. Le Maroc est aussi le premier bénéficiaire de l’aide espagnole au développement. L’Espagne joue cependant un rôle moins financier que politique en tant que leader de la politique européenne dans ce domaine vis-à-vis du Maroc. Les aides ont servi à subvenir aux premiers besoins des populations, et plus particulièrement à l’amélioration de la santé maternelle et infantile, l’accès à l’eau potable et l’assainissement, ainsi que l’amélioration des infrastructures d’éducation, de communication et de croissances des entreprises.[…]

Le Maroc cherche à prendre son indépendance vis-à-vis de l’Union Européenne. Ce faisant, il ouvre ses frontières et il ne cherche pas particulièrement à freiner les flux de migrations qui passent sur son territoire pour atteindre l’Europe. Ce qui n’est pas sans conséquence sur les relations que le Royaume entretient avec l’Espagne, son plus proche voisin. Les migrants semblent ainsi être pris dans les écheveaux d’enjeux internationaux qui parfois les dépassent. […]

Morocco Mail

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