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Livre : «Mes ancêtres les Gauloises», «antidote au roman national», de Elise Thiébaut

11/09

Journaliste et féministe, Élise Thiébaut publie «Mes ancêtres les Gauloises, Une autobiographie de la France», «un livre profondément vital et impertinent, étourdissant d’érudition et de virtuosité narrative».

« Le Grand Remplacement est à nos portes ! », « La civilisation européenne est menacée ! », « Le féminisme a proclamé la fin des hommes ! », « Les valeurs de la nation sont bafouées ! »… Ce bref florilège serait risible par son absurdité s’il ne cachait pas des croyances bien réelles et une percée idéologique virulente, appelant à un nécessaire retour aux sources du « roman national ».

C’est donc à déjouer les pièges de cette fiction que s’emploie Élise Thiébaut. Elle s’interroge d’abord sur sa propre « identité » : qu’est-ce que l’histoire de cette Française dite « de souche » a-t-elle à nous dire de l’histoire de France ?

En se livrant à des tests ADN, à des recherches généalogiques et archivistiques, elle pose des questions qui révèlent des tabous et impensés de la mémoire collective. Que nous apprend la génétique ? Quels sont les liens entre généalogie et patriarcat ? Quel impact la traite négrière et la colonisation ont-elles eu sur sa famille et plus largement sur son pays ? Quel rôle les cocottes et courtisanes du XIXe siècle ont-elles joué dans le mythe de la séduction à la française ?

Avec un plaisir aigu et une vivacité pugnace, l’autrice livre une autobiographie de la France singulière comme antidote au roman national.

Editions La Découverte

« Je suis française. » Tels sont les premiers mots de cet ouvrage inclassable qui entreprend aussitôt non de déconstruire, mais de disséquer la fiction qui s’énonce dans cette simple formule. Ainsi le « je » s’efface bien vite pour laisser place à une autobiographie familiale et l’insaisissable essence de l’« être » métaphysique y apparaît dès lors dans tout ce que les hasards d’une naissance, d’une généalogie et d’une enfance en ont fait. Quant à la « francité », l’autrice nous rappelle qu’elle s’accorde au féminin en ce qui la concerne et que cette double appartenance raconte une autre histoire, faite de droits conquis et d’inégalités toujours présentes.

Quand notre ADN raconte le monde

Ces racines supposément « gauloises », elle les interroge aussi à l’aune d’un de ces tests ADN interdits en France, mais facilement accessibles en ligne via des sites américains, auxquel elle a choisi de confier un peu de salive pour qu’il lui offre en retour un formidable terreau pour l’imagination. Celle qui précise d’emblée appartenir probablement à ces Françaises et Français considérés de souche, s’y découvre comme tout un chacun des ascendances nomades dont elle fait autant d’invitations au voyage. Il n’en faut pas beaucoup plus pour que son roman familial et national fasse le tour du monde. […]

rfi

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