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A Toulouse, le virage radical de la délinquance

21/08

Toulouse, une génération de jeunes caïds met la ville à feu et à sang pour le contrôle des points de deal. Leur héros : Mohamed Merah.

« Le tête-à-tête à l’ancienne, c’est fini, maintenant on sort le calibre », lâche un flic qui les observe depuis longtemps. Les profits du trafic de stupéfiants ont fait dérailler les jeunes caïds des Izards, de ­Bagatelle, de la Reynerie, ­d’Empalot et du Mirail, ces quartiers nichés au cœur de Toulouse. La Ville rose s’est mise à voir rouge sur fond de trafic de cocaïne, d’héroïne et de cannabis, un marché en constante expansion à la faveur de l’explosion démographique de la préfecture de la Haute-Garonne (plus 15.000 nouveaux habitants par an), tirée par une industrie aérospatiale en plein âge d’or. Les clients, cadres qualifiés ou étudiants, ont le portefeuille garni, à tel point que les dealers les surnomment les « yankees » (déformation du verlan « ienclits »), comme s’ils avaient des dollars collés sur le front. […]

Mais il y a autre chose, que pointe ce policier qui les connaît bien : l’effet Merah. Plusieurs de ceux qui sont morts sous les balles (treize règlements de comptes en 2018, cinq depuis le mois de janvier) ont grandi dans la même cage d’escalier que Mohamed Merah, cet enfant des Izards devenu tueur au nom d’Allah sans qu’aucun radar ne le détecte. […] Parmi eux, quatre fortes têtes, Mehdi El-Aouamad, Hanifi Guedili, Nadir Benoua et Malik Benani, dit « Ribéry », rendent la vie impossible aux surveillants, se souvient un ancien cadre du centre. Du moins jusqu’à l’arrivée d’une poignée de caïds marseillais, qui, malgré leur petit nombre, assoient aussitôt leur emprise sur leurs homologues toulousains. […]

La PJ fait avec les moyens du bord et des effectifs bien maigres, sans compter que les magistrats spécialisés sont à Bordeaux, ce qui engendre des pertes de temps colossales. Les dealers, eux, se sont professionnalisés : ils changent de voiture chaque jour pour éviter les balises, dorment loin de chez eux (et de leurs ennemis), recourent en guise de petites mains à des « ­blédards » (souvent originaires de Mostaganem, en ­Algérie) inconnus des services. […]

Le JDD

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