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La famille d’un djihadiste français condamné à mort brise le silence

22/06

Le tribunal pénal irakien a condamné Brahim Nejara, âgé de 33 ans et originaire du Rhône. Il a rejoint Daech en 2013. Le témoignage poignant de sa famille.

(…) Pour la première fois, la famille d’un djihadiste condamné à mort prend la parole. Peu populaire dans l’opinion hexagonale, le combat pour éviter à leur fils, à leur frère l’application de la peine capitale mérite, selon eux, de sortir de leur réserve. La responsabilité des Nejara dans la «  hijra  » de Brahim ne se pose pas selon eux : «  Nous avons tout fait pour l’empêcher de quitter la France. Dès les premières rumeurs de sa volonté de partir en Syrie en 2012, on a tout fait pour le dissuader. Son frère aîné l’a rossé et l’a même dénoncé à la police. Personne ne nous a aidés. L’État l’a laissé partir sciemment  », dénonce Nadia, sa sœur cadette.

(…) Toute la famille pratique l’islam, voilées ou pas voilées pour les filles, sans signe particulier pour les garçons : « On était tous au même stade de connaissance et de pratique de la religion. Brahim est allé à la Mecque en 2011. Seul le bourrage de crâne par les chaînes satellitaires saoudiennes, Internet et les réseaux sociaux dont il était addict peut expliquer qu’il ait rejoint l’État islamique. Ils ont abusé de son bon cœur. »

(…) Dans le même temps, Nejara est censé apparaître dans une vidéo post-13 novembre 2015 où il se réjouirait de l’effondrement de la tour Eiffel. Curieusement, lors de l’audience du 28 mai où la peine de mort a été requise, il n’a pas nié figurer parmi «  les soldats du califat islamiste  ». Il a affirmé avoir été torturé et contraint à poser sur la vidéo. Sa famille, elle, se veut catégorique. «  En 2017, les policiers de la DGSI nous forçaient la main pour qu’on le reconnaisse et pour nous huit, plus mon père et ma mère, il ne s’agit pas de lui sur la vidéo. On a passé 3 heures chacun à l’analyser. »

Depuis que Brahim a rejoint Daech, d’autres membres de la fratrie sont soupçonnés de radicalisation. En 2016, l’un de ses frères a même été soupçonné de vouloir commettre un attentat sur son lieu de travail, le Parc olympique lyonnais.

(…) « Nous n’avons pas accès au dossier. Ni en France, où mon client n’est pas mis en examen, ni en Irak »explique Maître Nabil Boudi, du barreau de Paris, avocat de six des onze Français condamnés à mort.

(…) Les djihadistes français passibles de la peine capitale ne s’en rendent sans doute pas compte, mais ils doivent peut-être leur vie sauve à leur passeport tricolore. « S’ils étaient ressortissants d’un pays arabe ou plus largement du tiers-monde, ils auraient déjà été exécutés », estime un diplomate moyen-oriental en poste à Paris.

(…) Le Point

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