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Afrique du Sud : après plusieurs meurtres de fermiers blancs, le milieu viticole est sous le choc et revendique son droit à la sécurité

10/06

Les agressions armées de domaines viticoles se sont multipliées ces dernières semaines, secouant la filière vin qui demande une réaction ferme du gouvernement sud-africain.

Endeuillé, le vignoble sud-africain reste sous le choc. La torture et l’assassinat ce 13 mai du viticulteur Tool Wessels (propriétaire de la ferme Kapteinsdrift), puis le meurtre brutal ce 2 juin du vigneron Stefan Smit (Louiesenhof Wines) témoignent d’une explosion du nombre d’attaques de fermes dans la région du Cap rapporte le syndicat viticole VinPro. « Nous condamnons fermement toute forme de violence, de crime ou de meurtre des personnes travaillant et vivant dans les communautés agricoles. Ces individus constituent la pierre angulaire de notre filière et de l’économie nationale. Et ils ont le droit à la sûreté et à la sécurité » déclare Rico Basson, le directeur général de VinPro. Malgré l’abolition de l’Apartheid il y a 25 ans, les tensions restent vives entre propriétaires blancs et populations noires modestes. La persistance des déséquilibres socio-économiques alimentant l’insécurité, qui plus dans les zones rurales isolées.

184 attaques en 2019

Depuis le début de l’année, 184 fermes et domaines ont été attaqués en Afrique du Sud vient de dévoiler l’association, controversée*, Afriforum, qui recense 20 morts. Si les provinces les plus touchées sont le Gauteng, le Nord-Ouest et le Limpopo, la région du Cap voit son nombre d’agressions exploser. « Les attaques de fermes sont en hausse et affectent de plus en plus la filière sud-africaine du vin » alerte Anton Smuts, le président de VinPro. Qui demande « au président Cyril Raphamosa de prendre une position forte contre ses attaques qui touchent l’agriculture de tout le pays et d’agir pour améliorer la sécurité des zones rurales ».

Cet appel à la présidence de la république sud-africaine est loin d’être symbolique, ces violences s’inscrivant dans un climat de tensions raciales avivées par l’élection présidentielle de mai dernier. Reprenant une proposition de son parti, le Congrès National Africain (ANC), le candidat à sa réélection Cyril Raphamosa a promis à son électorat noir l’expropriation sans compensation des terres appartenant aux citoyens blancs. Une proposition qui doit encore se traduire en loi note le New York Times, qui souligne que le vigneron Stefan Smit avait été menacé de mort pour s’être opposé à la construction sauvage de huttes sur l’une de ses parcelles.

Vitisphère.com


Afrique du Sud : Stefan Smit, viticulteur, assassiné dans sa ferme à la suite d’un conflit sur la confiscation de ses terres (MàJ)

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