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Littérature : « White », décrit « la génération chochotte des trentenaires dégonflés »

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Ce pamphlet signé par Bret Easton Ellis, l’auteur de Moins que Zero (1985) American Psycho (1991), Glamorama (1998) ou Lunar Park (2005), a d’ores et déjà créé la polémique outre-Atlantique, et pour cause: ultra connexion, suprématie du « Likable », culture d’entreprise triomphante, hystérie autour de la figure de Trump, victimisation des minorités (et notamment de la communauté homosexuelle), narcissisme et pensée unique… Sous couvert d’une déambulation autobiographique et usant sans retenue du contre-pied, Bret Easton Ellis dézingue tout le système, dressant un portrait désastreux et inquiétant de l’Amérique « post-Empire ».

Et c’est en martyr de cet esprit critique qu’il estime moribond que Bret Easton Ellis s’est donc affirmé. Offrant son corps à la vindicte des jeunes censeurs de Twitter et autres porte-drapeaux de l’inclusivité, il s’est fendu d’un acte littéraire confinant à l’attentat-suicide : il a baptisé son prochain livre White Male Privilege. Grâce à l’intervention paniquée de son éditeur, l’ouvrage s’appelera finalement White. […]

La superficialité, le sentiment d’anxiété et d’isolement se sont renforcés avec le développement des réseaux sociaux. « En dépit des connexions fournies par l’internet et les réseaux sociaux, beaucoup de gens se sentaient encore plus isolés et conscients du fait que l' »interconnectivité » était en soi une illusion. Cela paraît particulièrement douloureux si vous êtes assis seul dans une pièce, regardant fixement un écran rayonnant qui vous promet l’accès à l’intimité d’innombrables autres vies (…) »

Plus grave encore, la « culture d’entreprise » a construit des bulles de confort où chacun se complaît. Alimentées par des éléments culturels en accord avec nos opinions, auxquels nous pouvons joyeusement nous identifier, ces bulles nous éloignent de tous les sons de cloche dissonants, des opinions divergentes des nôtres, et de tous les contenus non conformes à nos goûts (musique, lecture, etc). Bref, une mise en orbite de toute expression d’une vraie altérité. « Après avoir bloqué et cessé de suivre des personnes dont vous avez jugé et condamné les opinions et la vision du monde, après avoir créé votre propre petite utopie fondée sur vos valeurs chéries, vous voyez un narcissisme dément commencer à déformer cette jolie image« , note l’écrivain. « L’idée derrière ça ne sert aucun objectif progressiste« , souligne Bret Easton Ellis, « elle marginalise non seulement les artistes, mais, au bout du compte, tout le monde sur la planète« . […]

Les « Milléniaux« , génération de trentenaires « élevés après le 11 septembre, nés pendant deux guerres, une récession brutale, des fusillades sans fin dans les écoles et l’élection d’un président qu’ils ne pouvaient tolérer », est pour Bret Easton Ellis une « génération dégonflée« , abreuvée à la culture du like obligatoire, tentant « désespérément d’être aimée« . […]

France TV Info

Merci à Hypatie

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