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Fabrice Epelboin : « Libération peut publier un article larmoyant sur l’Aquarius […] mais le blog Français de Souche peut partager le même article […] contre le sauvetage humanitaire »

14/05

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Fabrice Epelboin : On se concentre beaucoup sur ce risque d’ingérence, notamment de la part des Russes, mais la surveillance est bien rodée de ce côté-là pour que toute tentative éventuelle soit repérée. Le gouvernement se focalise beaucoup sur les « fake-news » alors que c’est l’arbre qui cache la forêt. La stratégie de Moscou, c’est de dresser les uns contre les autres dans un même pays pour détruire le tissu social. Mais il n’y a pas besoin d’une ingérence étrangère pour que cela fonctionne. C’est le fonctionnement même de la culture française appliquée à Twitter. Ce réseau social crée artificiellement des communautés, ou révèle leur existence, qui ne cessent de rejeter ceux qui n’y adhèrent pas. Prenons le camps des progressistes, à force d’exclusion, il risque bien de se retrouver en minorité.
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Comment se positionne le gouvernement ?

F. E. : Ils sont dépassés. Censurer l’homophobie, le sexisme, le racisme, l’antisémitisme ne fonctionne bien que si l’on maîtrise la distribution de l’information. Ce n’est plus le cas. Nous sommes dans un monde où Libération peut publier un article larmoyant sur l’Aquarius qui vous incite à vous montrer solidaire. Mais le blog Français de Souche peut partager le même article et l’utiliser pour fédérer son public d’identitaires contre le sauvetage humanitaire. C’est le constat implacable que ce ne sont plus les contenus qui importent, mais la façon de les distribuer. Le roi de cette guerre, c’est Facebook, qui redistribue ces contenus avec son algorithme. La seule façon de transposer l’ancien monde au XXIe siècle, ce serait de faire de la censure sur Facebook. Mais cela semble impossible au vu du nombre d’infractions à juger en bonne et due forme. Le sentiment de démocratie va fondre le jour où la censure va s’appliquer sur Facebook. Si les citoyens pensent que l’on n’est plus en démocratie, cela risque de faire renaître un mythe de résistance dont s’imprègne notre culture.

Est-ce une menace au fonctionnement démocratique?

F.E. : Non. C’est le progressisme qui est en péril. Cette idéologie vient du siècle des lumières. Son fondement : le progrès social est associé au progrès technologique, désormais corrélé à la puissance informatique. Un smartphone actuel a plus de puissance de calcul que le meilleur des ordinateurs d’il y a une décennie. Pour autant, on ne mange pas encore tous du caviar au petit-déjeuner. Il y a un décrochage complet entre progrès social et technique. L’idéologie du progrès est morte avec l’informatique.
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