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Migrants : de plus en plus d’Érythréens fuient la Suisse et se réfugient en France

10/05

Depuis le printemps 2018, la Suisse a considérablement durci sa politique migratoire, notamment à l’égard des Érythréens qui représentent leur plus grand contingent de demandeurs d’asile. Conséquence : par peur de l’expulsion vers leur pays d’origine, de nombreux Érythréens fuient la République helvétique pour tenter leur chance en France ou en Allemagne

« Ces derniers mois, on remarque à Nantes [dans l’ouest de la France, ndlr] une augmentation du nombre d’Érythréens venus de Suisse », a signalé à InfoMigrants le collectif L’autre cantine, qui vient en aide aux migrants qui errent dans la ville. C’était au début du mois d’avril 2019. « On compte une centaine de nouveaux arrivants », détaillait-elle alors. (…)

La fin des « permis F » ?

Depuis 2017, la Suisse a en effet durci sa politique migratoire, notamment à l’égard des Érythréens, qui représentent le plus grand contingent de demandeurs d’asile du pays. Les Érythréens sont estimés à 30 000 dans le pays, selon RFI. (…)

En Suisse, lorsqu’un migrant est débouté du droit d’asile, il peut toutefois – et sous conditions – rester sur le territoire et travailler en toute légalité. Cette particularité juridique est possible grâce au « permis F », aussi appelé « admission provisoire ». Ce statut particulier est renouvelable tous les ans. Les Érythréens dont l’asile a été refusé sont donc inexpulsables.

« Comme partout en Europe, la Suisse durcit sa politique migratoire »

Mais depuis le mois d’avril 2018, les déboutés érythréens peuvent perdre ce fameux permis F. Comment ? Après réexamen de leurs dossiers. Près de 3 200 Érythréens sont concernés, selon le gouvernement suisse. (…) Les nouveaux venus auront aussi plus de difficultés à obtenir le permis F.

Les personnes dont le renouvellement n’est pas assuré, et qui vivent en Suisse depuis des années, se retrouvent ainsi dans une grande précarité. « Elles n’ont plus le droit à rien, à part l’aide d’urgence qui représente environ 7 euros par jour », précise encore Raphaël Rey. « C’est une somme modique pour un pays comme la Suisse où le coût de la vie est très élevé ».

Impasse administrative

Plus grave encore, les Érythréens se retrouvent coincés dans un « no-man’s land administratif ». La majorité ne peut pas être renvoyée en Érythrée, et devient sans-papiers en Suisse. La seule solution qu’ils ont trouvée pour sortir de cette impasse est la fuite vers la France ou l’Allemagne. (…)

infomigrants.net

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