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Les « nouvelles routes de la soie » sèment la zizanie au sein du gouvernement italien

20/03

OPINION. Tandis qu’une brise d’apaisement se levait entre Paris et Rome depuis l’interview du président Macron à la télévision publique italienne, nous goûtions notre repos, conscients que le « clash » intragouvernemental italien n’aurait su tarder. Par Edoardo Secchi , Pdg d’Italy-France Group

Première controverse : la transalpine Lyon-Turin. Le projet coûterait 1,7 milliard à l’Italie et 7,7 milliards à la France, et est à 50% payé par l’Union Européenne. Des 8,6 milliards restants à répartir entre les deux pays pour la traite transfrontalière, l’Italie n’en aurait vraisemblablement « que » 2,9 milliards à débourser. (…)

Tandis que le ministre des transports italien Danilo Toninelli (Mouvement cinq étoiles) a déclaré sur la chaine télévisée privée LA7 que « les Turinois, les Piémontais (…) se fichent d’aller à Lyon » par ce « trou dans la montagne », le ministre de l’intérieur Matteo Salvini, fidèle aux positions de la Ligue, soutient fermement le projet. Et il n’est pas seul. Un sondage SWG révèle que 58% des Italiens se disent favorables au projet, 70% soutiennent que l’œuvre est utile pour relier l’Italie à l’Europe, pour 68% des sondés il crée de l’emploi et pour 61% il est nécessaire à faire baisser la pollution.

(…)

Mais ça n’est pas fini. Le nouveau dossier des « nouvelles routes de la soie » se profile comme une ultérieure pomme de discorde tant au sein du gouvernement italien que de l’Europe toute entière.

Alors que Rome s’apprête à recevoir le président chinois Xi Jinping le 22 mars pour signer un document protocolaire avec Pékin concernant le projet « routes de la soie ». La formalisation de l’accord pourrait avoir lieu le même jour qu’un conseil européen à Bruxelles. (…)

Au cœur des inquiétudes européennes (mais surtout américaines), le réseau 5G du colosse chinois se profile tel un cheval de Troie en Europe en raison des suspicions d’espionnage. Car les entreprises chinoises sont soumises légalement aux demandes des autorités et ne peuvent rien leur refuser. Huawei en fit les frais il y a quelques mois lorsque la fille du fondateur des télécoms chinois fut arrêtée au Canada sur ordre des Etats-Unis.

Rien qu’en 2018, 67 pays ont signé un accord avec Pékin concernant « les routes de la soie », des Maldives au Pakistan. L’Italie se prête au jeu dans le but de fournir un accès facilité au marché chinois à ses exportateurs et car elle a certainement bénéficié des prêts chinois pour moderniser ses ports.

L’Italie serait donc le premier des pays du G7, peut-être le seul à long-terme, à signer un tel document, nonobstant l’hostilité des américains et des britanniques, qui craignent l’étau chinois sur les transports transcontinentaux et sur les deux tiers du commerce mondial.

Le président des Etats-Unis Donald Trump s’est montré perplexe, et une fois de plus, l’autre vice-premier ministre italien, Matteo Salvini, s’est empressé de le rassurer en prenant ses distances avec la décision de son collègue Luigi Di Maio.

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La Tribune

 

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