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« Faire de l’homme blanc un allié de la diversité »

05/03
[…] Frank Dobbin, professeur de sociologie de l’Université de Harvard, est depuis 20 ans chercheur dans le domaine de la gestion de la diversité dans les entreprises américaines. […] A ce jour, il observe que les minorités sont certes présentes en plus grands nombres dans les entreprises, mais que «la probabilité qu’elles soient recrutées à des postes de management n’est pas meilleure qu’en 1983». Ceci largement en raison de politiques inefficaces car pas assez fines au plan psychologique.

«Si vous cherchez à contrôler étroitement le travail des managers qui recrutent, ils opposent une résistance, car ils veulent avoir le sentiment qu’ils sont maîtres de leur décisions, qu’ils peuvent décider qui ils veulent recruter, ou promouvoir». Frank Dobbin
Dès lors, les managers contournent en général les règles. Frank Dobbin a observé une baisse de 4% des femmes blanches recrutées dans le management en moyenne sur 7 ans dans les entreprises américaines, comme conséquence à l’introduction de tests d’embauche.[…]

De même, après l’introduction des évaluations de performance, les femmes blanches ont été moins recrutées, observe-t-il. Enfin, avec l’introduction de procédures de règlement des conflits, les managers tendent à moins recruter des minorités qui seraient susceptibles de porter plainte contre eux, en particulier lorsqu’il s’agit de procédures pour harcèlement sexuel. «Ces procédures, présentes dans 99% des entreprises américaines, ont des effets négatifs sur les recrutements de femmes», affirme le professeur. […] Les hauts cadres sont à 60-70% des hommes blancs à l’heure actuelle dans les entreprises américaines. Et paradoxalement, le changement est entre leurs mains, alors que souvent, «l’entreprise les considère comme l’ennemi, dans les questions de diversité», selon Frank Dobbin. Dès lors, les règles imposées par la plupart des entreprises sont vécues par ces managers comme étant une sorte de punition, d’où les résistances.

La solution? «Donner à ces managers le sentiment qu’ils font partie non pas du problème», mais de la solution, préconise Frank Dobbin.[…] En conclusion, les données empiriques observées dans les entreprises rejoignent les études académiques, assure le sociologue américain: les méthodes impliquant un contrôle des esprits et des comportements échouent. Traiter les gens qui ont été biaisés de manière amicale fonctionne mieux: ils se muent en fournisseurs de solutions plutôt qu’en résistants. «Just do the stuff that works», conclut Frank Dobbin.

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