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Safran : l’histoire incroyable d’un industriel français qui veut créer deux usines en France mais n’y parvient pas

02/03

Le groupe aéronautique français veut ouvrir deux usines dans l’Hexagone mais ne parvient pas à trouver de lieux favorables en raison notamment des difficultés administratives. Son directeur général, Philippe Petitcolin, se demande même s’il n’y a pas plus d’appétit pour attirer les entreprises étrangères que françaises.

L’histoire paraît invraisemblable. En plein débat sur l’emploi industriel en France avec la fermeture de l’usine de Ford à Bordeaux ou les menaces qui pèsent sur l’aciérie d’Ascoval, un groupe industriel français veut ouvrir deux usines dans l’Hexagone plutôt qu’à l’étranger, mais rencontre toutes les peines du monde pour y parvenir en raison des lourdeurs administratives françaises.

C’est ce qui arrive aujourd’hui au groupe aéronautique Safran. Son directeur général, Philippe Petitcolin est prêt à investir près de 300 millions d’euros pour monter ces deux usines, l’une dans la fabrication de pièces en 3D, l’autre dans la fabrication de pièces en carbone. De tels sites permettraient de créer près de 300 emplois. Problème, Philippe Petitcolin ne peut confirmer aujourd’hui qu’elles verront bien le jour en France. (…)

Pas d’alignement entre les différents étages administratifs

Philippe Petitcolin a mis en lumière l’absence de politique coordonnée entre les différents centres les décisions, l’Etat, la Région, les communautés de communes, les communes.

« Les gens sont de bonne volonté. Mais rien n’est organisé. Rien n’est fait pour aider l’industriel à décider en faveur de la France. Dans les ministères, les gens sont pleins de bonne volonté. Derrière, que se passe-t-il ? Vous vous retrouvez tout seul, vous allez dans une région, vous allez tomber sur la communauté de communes qui va vous dire que dans une commune nous avons droit à cela mais pas dans une autre, etc… On rentre dans un ensemble administratif extrêmement complexe dans lequel chacun a son domaine de responsabilité et ne va pas au-delà. Au final, cela ne donne rien. Il faut faire soi-même le liant et même avec cela, il n’a pas toujours l’appétit pour pouvoir attirer les entreprises. On a peut-être plus d’appétit pour les entreprises étrangères que pour les entreprises françaises même si elles sont les plus belles du monde »

(…)

La Tribune

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