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Monique, retraitée : “Une fois que j’ai tout payé il me reste 20 euros, ça fait deux jours que je n’ai pas mangé” (MàJ)

04/02

Monique est retraitée. À 65 ans, avec sa pension de 727 euros, elle vit dans une précarité qu’elle n’imaginait pas. Monique qui a déjà été agressée dans la rue, ne souhaite pas déménager vers un quartier moins tranquille que le sien. Elle n’a même pas droit aux Restos du Cœur. Elle nous explique en détails pourquoi elle va défiler dans les rues de Dijon jeudi 31 janvier pour défendre son pouvoir d’achat.

Son témoignage en longueur ► https://t.co/cOMBFVb6WQ pic.twitter.com/xY6CvcQPV6

— France 3 Bourgogne (@F3Bourgogne) 30 janvier 2019

Monique Pinte a 65 ans. Cela fait quatre ans maintenant qu’elle tente de vivre avec 727 euros par mois de retraite et qu’elle espère une aide de l’État. Monique a commencé à travailler à l’âge de 16 ans. Elle a connu l’usine, elle a fait a des ménages pour élever ses cinq enfants avant de devenir agent d’accueil. Aujourd’hui elle vit seule dans une précarité difficile à assumer.

Concrètement, chaque mois, vous avez une idée de la somme que vous avez pour vous ? Vraiment que pour vous ?

Monique Pinte : Que pour moi ? Je dirai rien. Rien. Une fois que j’ai tout payé, il me reste quoi ? Je vais dire 20 euros. C’est pour ça que je suis à découvert à la banque.

Cette situation, vous la vivez depuis quand ?

Depuis que je suis en retraite.

Avant, je travaillais. Je gagnais un peu plus que ça quand même. 320 euros de plus. Je ne vais pas dire que je vivais comme tout le monde. Mais je vivais, quoi. Je pouvais sortir, j’allais au cinéma, je faisais des petits week-ends avec mon fils. C’était bien.

Là maintenant, je ne peux plus rien faire. Je ne fais rien. Je vivote comme on dit. Je ne fais pas d’écart, je ne fais pas de trucs comme ça. C’est soit je paye mes dettes, soit je sors, soit je me paye des loisirs.

Mais bon, je me dis qu’il vaut mieux que je paye mon loyer, ce que je dois payer. Tant pis pour ce qu’il reste à la fin du mois. Je me débrouille. Je ne mange pas beaucoup. Et puis, j’ai mes enfants de temps en temps qui m’aident.

Quand vous me dites « je ne mange pas beaucoup », ça vous arrive de vous priver ?

Oui. Deux jours, je n’ai pas mangé. Je ne l’ai pas dit à mes enfants.

C’est quelque chose qui arrive régulièrement ?

Là, ça va mieux. Il y a mes enfants qui m’aident un peu. Mais il y a un moment où pendant deux jours, je n’ai pas appelé ça manger.

Je me faisais un café, je trempais du pain. Mes enfants vont le savoir. Ils ne le savaient pas.

Vous le vivez comme un échec ?

Oui, beaucoup. Beaucoup, beaucoup. Quelques fois, je me dis qu’est-ce que je fais sur cette Terre ? Pourquoi je suis arrivée là ?

De vivre comme ça. Je n’aurais jamais pensé ça. Arriver à 65 ans puis vivre ce que je vis ? Non. C’est très difficile.

Quand vous regardez tout ce parcours que vous vivez au quotidien depuis quatre ans, vous vous dites qu’il y avait des choses à faire pour que ce ne soit pas comme ça ?

Oui, je pense. Enfin, je ne sais pas comment expliquer ça. Ils devraient augmenter les retraites un peu quand même. Ça fait quatre ans qu’elles n’ont pas été augmentées. Puis le peu qu’elles augmentent… En janvier, elles ont augmenté de 0,3 %.

Qu’est-ce que c’est 0,3 % ? Mon fils a calculé. Ça fait une baguette de plus par mois. C’est honteux quoi, c’est honteux.

On a travaillé. On a cotisé. On mérite d’avoir ce qu’on a cotisé.

France3-regions

 

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