Plein ecran

Les « gilets jaunes », une transition populiste de droite

03/02

Luc Rouban, directeur de recherche à Sciences Po, analyse l’opinion des Français qui soutiennent les « gilets jaunes ». Il s’appuie ici sur la vague 10 du Baromètre de la confiance politique du Cevipof qui a été réalisée auprès d’un véritable échantillon représentatif de 2 116 Français·e·s entre le 13 et le 24 décembre 2018.

[….] Certaines variables sont décisives pour l’interprétation de ce soutien. Il en va ainsi du niveau de libéralisme culturel que l’on a mesuré à partir d’un indice construit sur la base de trois questions :

Faut-il rétablir la peine de mort ?
Y-a-t-il trop d’immigrés en France ?
Doit-on abolir la loi autorisant le mariage homosexuel ?

L’indice va donc de 0 à 3 et a été ensuite dichotomisé en deux groupes selon le niveau global de tolérance sociétale. On voit alors que ceux qui soutiennent fortement le mouvement appartiennent à 65 % au groupe à tolérance faible alors que cette proportion tombe à 36 % chez ceux qui ne le soutiennent pas du tout.

Cette orientation axiologique se révèle de manière assez crue dans les réponses aux questions portant sur l’immigration. Par exemple, 38 % des soutiens déterminés au mouvement sont d’accord (tout à fait ou plutôt) avec la proposition selon laquelle l’immigration est une source d’enrichissement culturel, alors que cette proportion grimpe à 62 % parmi ceux qui s’opposent fortement au mouvement. De même, 71 % des soutiens les plus déterminés au mouvement pensent que l’islam est une menace pour la République contre 53 % de ceux qui lui sont clairement hostiles. On pourrait multiplier les exemples. Il ressort de l’analyse que le soutien aux « gilets jaunes » s’inscrit bien plus dans l’univers politique du RN que de LFI. […]

C’est ici que l’on peut apercevoir le cheminement de ce qui risque d’arriver en sortie de crise. Une forme de rassemblement à l’italienne qui commence par le Mouvement 5 étoiles et qui se termine par la suprématie de la Ligue. On peut alors émettre l’hypothèse selon laquelle le mouvement des « gilets jaunes » devient, dans ce cadre, le « passeur » du populisme RN en le désenclavant de la situation de blocage sur laquelle le macronisme a pu élaborer sa stratégie électorale.

Il reste à savoir si le RN ne sera pas lui-même dépassé par une nouvelle formation politique.

Nouvel Obs

Merci à Dupontdurand

Pierre Liscia : "Ce soir, pour la première fois, ma compagne veut quitter notre quartier parce qu'elle ne s'y sent plus en sécurité"
Belgique : juste avant son départ, le ministre Theo Francken a expulsé vers le Maroc l'assassin d’une policière

Derniers articles

Commentaires

X
Accueil
Menu