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Suicides d’agriculteurs, l’hécatombe silencieuse

01/02

Hommes ou femmes, ils sont de plus en plus nombreux à mettre fin à leurs jours en France. Même si des structures ont été mises en place pour leur venir en aide, le malaise est profond.

(…) La France rurale est une peau de chagrin, dans tous les sens du terme. Un rétrécissement vertigineux et de plus en plus rapide : 2,8 % de la population active en 2016, soit 754 000 personnes, dans un pays de 67 millions d’habitants. « Le monde paysan, il n’existe plus. Et quand on commence à être nostalgique de quelque chose qu’on n’a pas connu… », a dit l’auteur-compositeur Jean-Louis Murat, sur France Inter, le 18 octobre 2018.

Un monde en voie de disparition, comme l’avait prévu Henri Mendras en écrivant La Fin des paysans, en 1967, et pourtant vital, sans cesse soumis à des injonctions contradictoires. Ancestral par son rythme, mais lancé à pleine vitesse dans le capitalisme financier, la tyrannie des cours mondiaux, les investissements démesurés. Sommé de produire toujours plus et toujours plus vite, puis accusé d’empoisonner la population.

(…) Dans un ouvrage collectif publié en 2017, trois chercheurs expliquent comment on est passé « de la ferme à la firme » et tentent de cerner le modèle d’une agriculture postproductiviste.

Un monde bouleversé par des crises sanitaires majeures – vache folle, peste porcine, grippe aviaire, herbicides toxiques… De la vigilance accrue et légitime qui s’en est suivie, les agriculteurs ont surtout retenu un lot de tracasseries administratives supplémentaires et d’incessants contrôles. Ou la concurrence déloyale de pays qui ne sont pas soumis aux mêmes normes qu’eux.

« On est des pollueurs, on nous reproche les vaches qui pètent, le trou dans la couche d’ozone, faut plus manger de viande, faut pas tuer les animaux… Quand les contrôleurs se déplacent c’est minimum 3 000 euros », égrène Jean-Michel Auneau, un exploitant agricole de la région nantaise, dont le collègue s’est suicidé voilà sept ans et demi. Depuis, pas un jour ne passe sans qu’il ne pense à lui.

(…) Là encore, tensions et contradictions s’entremêlent : l’impression de ne plus être indépendant, autonome, alors que la liberté est une valeur cardinale du métier; l’impossibilité de transmettre une exploitation, alors que des dizaines de générations l’ont fait auparavant; la sensation d’avoir sans cesse « le nez dans le guidon », de ne rien maîtriser, dans un univers où les règles changent tout le temps. Sans doute faut-il y ajouter une forme de honte ou de rage de ne pouvoir vivre de son labeur quand on travaille d’arrache-pied, plus de dix heures par jour.

(…) Le Monde

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