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République Tchèque : 50 ans après, le pays rend hommage à Jan Palach, héros d’une nation indomptable

17/01
Il y a 50 ans jour pour jour, Jan Palach, un étudiant de 20 ans s’immolait par le feu sur la place Venceslas à Prague, pour protester contre le régime soviétique et surtout, pour appeler ses concitoyens à résister. Grièvement blessé, il meurt trois jours plus tard. Un acte qui a fait de lui un héros national et qui a influencé le peuple Tchèque, jusqu’à la Révolution de velours en 1989.

Ce mercredi, de nombreuses cérémonies ont été organisées dans tout le pays pour lui rendre hommage. Une plaque commémorative a été dévoilée à l’Université Charles de Prague, où Jan Palach étudiait.

Le 16 janvier 1969 à l’aube, Jan Palach quitte son village de Vsetaty en train pour Prague, à 30 km de là. Dans sa chambre au foyer étudiant, l’étudiant en philosophie à l’Université Charles achève son manifeste revendiquant la levée de la censure et l’interdiction du journal de propagande « Zpravy » (« Nouvelles »), diffusé par les troupes d’occupation soviétiques. À la mi-journée, il achète deux seaux en plastique et demande à un garagiste dans une rue adjacente à la Place Venceslas de lui vendre quatre litres d’essence. Vers 14 heures 30, Jan Palach monte vers le parvis du Musée national, dominant la Place Venceslas, bouillonnante à cette heure-là. Il s’asperge de l’essence et frotte une allumette…

Par son geste, Jan Palach veut dénoncer l’occupation soviétique qui avait écrasé dans le sang en été 1968 le mouvement réformateur du « Printemps de Prague », et appeler ses concitoyens à ne pas se résigner face au nouveau régime, dur et inconditionnellement soumis au Kremlin. Son père, décédé en 1962, était le patron d’une pâtisserie dont les communistes ont confisqué le commerce. « Il y a des moments dans l’Histoire où il faut faire quelque chose », parvient-il encore à murmurer sur son lit d’hôpital. Grièvement brûlé sur 85% de son corps, il succombe dans d’atroces souffrances le 19 janvier. Le jour de ses obsèques, 100 000 personnes défilent en silence à Prague.

Plusieurs Tchèques, inspirés par son sacrifice, s’immolent aussi, notamment l’étudiant Jan Zajic le 25 février et le technicien Evzen Plocek le 4 avril de la même année. Vingt ans plus tard, le 16 janvier 1989, un dissident nommé Vaclav Havel est arrêté alors qu’il dépose une gerbe à la mémoire de l’étudiant martyr. Une vague de manifestations suit, baptisée « semaine Palach », et ébranle le régime, qui sera balayé par la « Révolution de velours ».

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