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Emplacement, sélection orientée des maires et questions imposées, l’envers du décor de la rencontre du président avec les maires à Bourgtheroulde

17/01

Emmanuel Macron inaugure ce mardi 15 janvier sa tournée des mairies de France à Bourgtheroulde dans l’Eure. Mais pourquoi avoir choisi cette ville de 4.000 habitants ? C’est la question que j’ai posée la semaine dernière à l’un des proches d’Emmanuel Macron impliqués dans l’organisation de sa tournée des mairies : « Surtout pour une raison pratique » m’a-t-il répondu, avant d’expliquer, dans un sourire : « Elle est centrale pour l’autoroute ». Le président, s’il vient de Paris en voiture, n’aura en principe que deux rond-points à franchir pour arriver dans le centre de Bourgtheroulde, des rond-points qui ne sont pas occupés par des « gilets jaunes ».
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RTL


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« Dans un premier temps, le préfet me demande de trouver 30 maires pour une réunion de travail avec le président Macron, raconte Olivier Paz, maire de Merville-Franceville et président de Normandie-Cabourg-Pays d’Auge. À ce moment-là, je n’ai pas de problème, je sollicite 30 maires avec lesquels on prépare la rencontre. » Mais le lendemain, nouveau coup de fil. Cette fois, lui et ses collègues de la Seine-Maritime, de la Manche et de l’Orne sont priés de mobiliser 100 maires par département. L’Eure, département du ministre Sébastien Lecornu, « a obtenu une dérogation », raille un édile, puisque ce ne sont pas 100, mais 400 de ses maires qui sont attendus. « On n’est plus dans la réunion d’échange, c’est un grand raout destiné à faire la com du président », déplore un élu local.

Questions imposées

On enjoint également aux maires coordinateurs de préparer en amont deux questions et de les attribuer à deux de leurs collègues, dont les noms seront donnés à l’avance aux préfets. Certains édiles reçoivent même une consigne très précise, c’est le cas d’Alain Lenormand, maire d’une commune de 750 habitants et vice-président de la communauté urbaine d’Alençon, qui n’en revient toujours pas qu’on ait osé lui réclamer « une question en lien avec les Gilets jaunes ». « J’ai dit que c’était hors de question ! Je suis le représentant des maires, pas des Gilets jaunes, on a d’autres soucis, d’autres interrogations qu’on a soulevées il y a plusieurs mois et qui sont restées sans réponse. Ma question sera la suivante : pourquoi éloigner les services de l’État de nos concitoyens alors qu’il y a une maison publique dans chaque commune ? Pour le renouvellement des cartes d’identité, on oblige nos concitoyens à parcourir des dizaines de kilomètres, il faut faire trois voyages, et à côté de ça, on met des actions en place pour réduire les impacts écologiques. On marche sur la tête ! »
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