Plein ecran

Cinéma : « Border » d’Ali Abbasi, un des films sur l’identité les plus stupides de l’année ?

16/01
Voici un film suédois du Danois d’origine iranienne Ali Abbasi (vous suivez ?). Ce film fantastique est tiré d’une nouvelle du Suédois John Ajvide Lindqvist. Le film avait beaucoup fait parler de lui à Cannes ; aujourd’hui le voici en salles. C’est un film qui est à la fois dérangeant et d’une grande poésie, très transgressif sur sa manière d’aborder ce thème de l’identité.

L’héroïne, Tina, est une contrôleuse de douane au visage bestial (Eva Melander). Elle grogne et a un flair surdéveloppé qui lui permet de sentir le resquilleur. Elle rencontre un jour un type qui a la même tête animale qu’elle, Vore (Eero Milonoff), et qui lui dit : « Tu es un troll ». Dès lors, le film oscille entre le naturalisme et le fantastique, dans des paysages magnifiques, où les deux créatures vont s’accoupler, genre L’amant de Lady Chatterley version Freaks…

Le premier problème du film, c’est de confondre la monstruosité avec la laideur. […] »C’est un film sur l’humanité des monstres ». Non ! C’est juste une femme laide […] On nous fourre un salmigondis sur la théorie des genres : lui serait peut être une femme et elle peut-être un homme […] C’est vraiment un film lourd, dérangeant (mais au mauvais sens du terme parce que ça n’apporte rien au débat). Ça ne fonctionne pas un instant ! […]

Même si elle cherche ses origines parce qu’elle se rend compte qu’il y a quelque chose qui cloche chez elle. […] le film se perd sérieusement avec des histoires de pédophilie et de trafic de bébés. La courbe magnifique qu’il aurait pu avoir sur l’humanité qui interroge sa propre sauvagerie et la frontière qu’il y a entre les deux (puisque le film s’appelle « Border ») plus que la tolérance… La fin affaiblit le film. […]

Ali Abbasi arrive à ce tour de force assez dingue de créer de la poésie avec que du moche. Tout est extrêmement vilain : Tina est très ingrate mais même la lumière, les cheveux gras, les ongles sales… TOUT est assez laid. Et pourtant, sort de ça quelque chose d’extrêmement poétique dans toute la confrontation à la nature.

Elle va découvrir son identité au même rythme que le spectateur… Et c’est là où je trouve le film troublant, dérangeant et assez fin dans ce mélange des genres entre drame, polar, fantastique, fable…

France Inter

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