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Paris : accusé de propos sexistes, racistes et grossophobes par la CGT et la Ligue de défense noire africaine, un responsable de la mairie du XXe nie en bloc

13/11
Le décès récent d’une femme de ménage à la bibliothèque Couronnes-Naguib Mahfouz fait émerger de très nombreuses accusations à l’encontre du directeur général des services de la mairie d’arrondissement. Selon plusieurs témoignages, il aurait multiplié les propos racistes et sexistes depuis 2008.

[…] Avant d’être mutée à la bibliothèque il y a plusieurs années déjà, Sabine Vorin travaillait dans les locaux de la mairie d’arrondissement. A l’époque, elle est en contact quasi quotidien avec Didier C. Sa mutation aurait été décidée dans le but de la protéger, selon une enquête du Comité justice et libertés pour tous (CJL), association qui « se spécialise dans la lutte contre le racisme sous toutes ses formes et la répression ». Selon l’article publié le 21 octobre dernier sur son site internet, « la défunte avait été déplacée par son supérieur direct à la bibliothèque pour échapper aux remarques racistes, sexistes et grossophobes proférées par le directeur général des services de la mairie ». […]

Didier C. viserait en particulier les personnes racisées. Carole a été fonctionnaire au cabinet de plusieurs élus de la mairie entre 2009 et 2010. Elle se souvient de « petites phrases » et de « propos racistes » du DGS, qui « venait par surprise dans mon bureau pour faire des blagues assez déplacées ». « J’avais bien compris qu’il n’aimait pas trop les Noirs, et les étrangers en général, c’était clair et net », témoigne-t-elle. Elle attribue son non-renouvellement à son poste à Didier C. et fait intervenir la CGT. La mairie convoque le DGS, puis Carole, qui se voit proposer des postes dans d’autres mairies d’arrondissement. Elle préférera quitter la mairie avant de repartir, l’année suivante, au Togo.

En mars 2011, la CGT fait un signalement auprès de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) après que le DGS a, selon eux, refusé de titulariser un agent, Mustapha Bâ, en raison de son accent « africain ». Finalement, l’agent a été déplacé à la mairie du 9e arrondissement, où il a pu être titularisé.

Nouvelle affaire en septembre 2014. Metronews révèle une note interne dans laquelle le DGS informe ses agents qu’ils « n’ont pas à avoir d’échanges entre eux ni avec les usagers dans une autre langue » que le français, menaçant de blâmes ou d’avertissements si la consigne n’était pas respectée et concluant ainsi : « Aucune manifestation de communautarisme n’a lieu d’être dans la mairie. »

« Le directeur a un problème avec les personnes d’origine étrangère. » À la suite du scandale, le DGS devait être déplacé à la mairie du 19e arrondissement, mais il est finalement resté en poste. Aucune de ces accusations n’a fait l’objet d’une procédure judiciaire. […]

[…] Une autre histoire commence en mai 2009 lorsque Bachir Boulegriblet intègre la mairie du 20e, un an après Didier C., en tant qu’agent de logistique générale. Lors de son entretien d’embauche avec le DGS, ce dernier lui aurait posé des questions sur sa religion et ses origines – une pratique illégale. Le 16 septembre 2010, lors d’une audience syndicale avec Force ouvrière, Didier C. aurait reconnu sans gêne aucune, poser en entretien ce type de questions et en tenir compte pour l’embauche. « Des questions jugées intrusives ou embarrassantes par certains candidats, sans rapport avec le poste à pourvoir », détaille le compte-rendu de l’échange que StreetPress a pu consulter. Une fois en fonction, Bachir Boulegriblet observe que le DGS refuse de serrer la main des agents. Pourtant, très vite, il serait devenu très tactile avec lui et aurait fait circuler une rumeur selon laquelle l’agent serait homosexuel.

Un jour, alors que Bachir Boulegriblet est penché à la fenêtre, le DGS lui aurait baissé par surprise le pantalon, avant de s’éloigner rapidement. Une autre fois, l’agent est en train de faire la vaisselle. Didier C. se serait approché et aurait glissé subrepticement sa main dans le pantalon de Bachir Boulegriblet, entre les fesses. Dans ses observations, l’agent raconte encore :
« J’achève de ranger les chaises sur un chariot. M. C. essaie de m’empoigner les testicules en disant : “Votre pantalon tombe, il faut le remonter”. »

Un ensemble de gestes furtifs, par surprise, sans autre témoin que des proches du DGS, soit autant d’agressions sexuelles qui mises bout à bout constituent du harcèlement. Ce n’est qu’en rencontrant, en mars 2011, des militantes de l’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT) que l’agent parvient à mettre les mots exacts sur ce qui lui serait arrivé. L’AVFT accompagnera par la suite le plaignant dans ses démarches, jusqu’à adresser un courrier à la maire de Paris, Anne Hidalgo. […]

La Ligue de défense noire africaine (LDNA) s’est rendue vendredi matin à la mairie pour demander des explications. La vidéo de cette action a été vue près de 50.000 fois sur internet. Le mouvement appelle à un rassemblement mercredi 14 novembre à 17h devant la mairie. La famille de Mme Vorin (2) demande, dans un communiqué l’annulation de ce rassemblement.

Street Press

Merci au Shérif de Nottingham

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