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Guy Sorman : « Seuls les Blancs angoissés par une invasion imaginaire se réfugient dans le trumpisme »

08/11

Les démocrates ont rallié toutes les forces progressistes du pays. Seuls les Blancs angoissés par une invasion imaginaire se réfugient dans le trumpisme.

Ce que l’on appelle le populisme ou encore le nationalisme ethnique n’est pas un mouvement idéologique, mais une réaction tribale. Les récentes élections aux États-Unis le démontrent amplement. Donald Trump et, d’une manière générale, les candidats républicains qui se sont réclamés de lui n’ont obtenu que les suffrages des Blancs dans des circonscriptions blanches. Le découpage électoral et la complexité du mode de scrutin ne peuvent pas masquer cette réalité politique. Les Noirs, les Latinos, les Asiatiques ne votent jamais pour Trump. Si le Parti républicain conserve sa majorité au Sénat, c’est seulement parce que les États ruraux et dépeuplés du centre des États-Unis sont surreprésentés. Les métropoles cosmopolites comme New York ou Los Angeles se sont prononcées massivement contre Trump, à plus des deux tiers dans ces deux villes qui sont l’avenir du pays : un référendum que le président a perdu, avec au total, dans toute la nation, près de 60 % des voix pour la gauche démocrate. Le recul de Trump en deux ans est spectaculaire.

Dans toute l’Amérique, comme dans toutes les démocraties, on votait traditionnellement à gauche ou à droite : ce n’est plus tout à fait le cas. Les Américains votent maintenant soit « blanc », soit démocrate ; le Parti républicain est devenu pour l’essentiel, en son cœur, le parti des Blancs et le Parti démocrate une grande tente qui abrite tous les partisans de la société ouverte et du progressisme, de la droite libérale à la gauche socialiste. Sous cette tente se réfugie l’Amérique de demain : les candidats féminins, issus de la diversité, indiens, musulmans, noirs sont tous démocrates. […]

Paranoïa parce que les angoisses des Blancs ne sont pas fondées. Ils restent en fait largement majoritaires aux États-Unis, près de deux tiers de la population, et l’immigration est trop faible pour bouleverser avant plusieurs générations cette supériorité démographique. Parallèlement, le danger physique, la criminalité aux États-Unis n’a rien à voir avec l’immigration : la plupart des crimes sont commis par des Noirs contre d’autres Noirs tandis que les quelque deux cents fusillades de masse perpétrées cette année dans des écoles, des églises, des night-clubs, l’ont toutes été, sans exception, par des Blancs armés.

[…]

Le Point

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