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Sans-papiers mineurs, le foot est “une manière de garder un lien avec leurs racines”

07/11

“Just Kids”, diffusé mercredi 7 novembre sur Canal+, raconte comment trois étudiants ont permis à des jeunes migrants en difficulté de jouer au foot, à Paris. Désormais avocats, ils dénoncent un “défaut de prise en charge généralisé” et racontent pourquoi le foot peut être “indispensable”.

Tous les ans, des milliers d’adolescents arrivent seuls sur le territoire français. Mais pour obtenir le statut de « mineur isolé étranger » (MIE), et ainsi être pris en charge (logés, nourris et scolarisés), ils doivent prouver leur minorité. Pas facile : en 2017, 85% des demandes ont été rejetées…

Et si on leur permettait au moins de jouer au foot ? Voilà l’idée de Maud Angliviel et Pierre Rosin, rejoints plus tard par Léo Delonguerue. Il y a un peu plus de deux ans, ces trois étudiants en droit ont monté l’équipe Melting Passes, formée exclusivement de jeunes étrangers en difficulté, dont l’histoire est racontée dans le documentaire Just Kids, diffusé sur Canal+  mercredi 7 novembre à 21h. Aujourd’hui avocats, Maud, Pierre et Léo nous parlent des difficultés à obtenir le statut de MIE, et de tout ce qu’une simple équipe de foot peut apporter à des jeunes en détresse.

Quand un jeune de moins de 18 ans arrive seul en France, que doit-il faire pour être reconnu mineur isolé étranger ?
Maud Angliviel : Il faut d’abord savoir qu’en France, on ne fait pas de différence entre les étrangers et les Français, pour les mineurs. Ils sont tous légalement sur le territoire et doivent être protégés. C’est à la majorité que se pose la question d’une carte de séjour. Mais pour obtenir le statut de MIE, ils doivent prouver qu’ils sont mineurs d’une part, et isolés d’autre part.

Ils sont d’abord évalués par le DEMIE (Dispositif d’évaluation des mineurs isolés étrangers). Cette instance décide s’ils sont éligibles à l’aide sociale à l’enfance. Ce sont des entretiens expédiés en quelques minutes. Le but est d’en accueillir le moins possible. Toutes sortes de motifs farfelus sont invoqués. « Vous semblez trop vieux », « un mineur n’aurait pas pu faire le voyage que vous avez fait »

En cas de refus, le jeune passe devant un juge pour enfants. Et là, c’est très arbitraire. Certains accordent le statut dès qu’il y a plusieurs indices concordants, d’autres sont très stricts. Parfois, ils font traîner la procédure pour que le jeune atteigne les 18 ans.

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Ils sont souvent logés dans des hôtels à la limite de l’insalubrité et ne sont pas bien nourris. L’un des joueurs que l’on voit dans le documentaire, Mohammed, était obligé de manger au kebab matin, midi et soir, parce que l’aide social à l’enfance avait conclu un partenariat avec ce restaurateur… Il a fait une occlusion intestinale !

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Telerama

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