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Fethi Benslama : «La radicalisation tend à broyer de la haine brute»

07/11

Les premiers états généraux psy sur le phénomène jihadiste sont organisés cette semaine à Paris. Pour le psychanalyste, organisateur de l’événement, il faut accentuer l’effort de prévention primaire car le danger des radicalités ne réside pas seulement dans les passages à l’acte terroriste.

Trois ans après les attentats de Paris en 2015 qui inauguraient une vague terroriste sans précédent en France, les premiers états généraux psy sur la radicalisation, dont Libération est partenaire, sont organisés cette semaine à Paris. Que savons-nous aujourd’hui sur l’énigme jihadiste ? Pourquoi un tel engagement ? Sur quelles bases s’arrime-t-il ? Comment s’opère la bascule vers l’acte terroriste ? Comment accompagner les familles de jeunes radicalisés ? Comment prévenir ? Comment encadrer les retours de Syrie ou les sorties de prison ? Plus de 90 intervenants, essentiellement des «psys» (psychiatres, psychologues, psychanalystes) discuteront durant quatre jours sur un savoir encore en élaboration. L’objectif de cette rencontre, prévue par le Plan national de prévention de la radicalisation (mesure 37), est aussi de faire un état des lieux des pratiques des professionnels du traitement psychique afin de recueillir et de diffuser les bonnes approches. Travaillant et écrivant sur la question, le psychanalyste Fethi Benslama a organisé ce colloque avec notamment le Centre d’étude des radicalisations et de leurs traitements (Cert) qu’il dirige, le ministère de la Santé, l’université Paris-Diderot et le Comité d’interministériel sur le sujet (SG-CIPDR).

(…)

Aujourd’hui, les autorités françaises organisent un rapatriement progressif des enfants de familles jihadistes actuellement retenues en Syrie. Quels défis à relever avec ces enfants ? Quelle prise en charge envisageable ?

Là, nous sommes avec l’inédit, nous devons être très prudents, et surtout ne pas faire ce qui a été fait à partir de 2015 à propos de la radicalisation : le bavardage et l’exhibition. Le traitement de ces enfants doit rester très discret pour éviter la stigmatisation. Tout en étant vigilant, on doit leur réserver le même soin qu’aux enfants socialement pris en charge, notamment à propos du lien avec leurs parents, avec la médiation ou pas de professionnels.

Libération

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