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Avec des fonds européens, les agriculteurs du Bas Léon retissent le bocage breton

27/10

En restaurant les haies et les talus en bordure de champs, le programme Breizh Bocage permet de lentement recomposer un maillage progressivement détruit avec l’intensification de l’agriculture.

Sur l’exploitation de Rudy David, maraîcher bio à Ploudaniel dans le Finistère, les courges butternut et les potimarrons poussent à l’abri du vent, sous les haies plantées le long des 7 ha de terres cultivables.

« C’est naturel de replanter les haies. C’est ce qui amène l’équilibre, c’est la base de tout », explique le maraîcher. « J’avais le projet de continuer à replanter des haies, et par le bouche-à-oreille j’ai entendu parler du programme Breizh Bocage ».

Plus de 700 mètres linéaires de talus et de haies en bord de route ont été replantés sur son exploitation. Ces nouvelles haies multifonctions permettent l’accueil des pollinisateurs et des oiseaux, mais ont aussi une fonction coupe-vent et de prévention de l’érosion des sols. « Et j’ai installé des boîtes à mésanges dans les haies tous les 20 mètres ! » ajoute l’agriculteur, ravi. Les mésanges raffolent des limaces, dont les nuisances sur les cultures sont ainsi réduites.

Pour créer les nouveaux talus, la vieille haie de cyprès qui bordait le champ de Rudy a été abattue et broyée en copeaux afin de constituer la base sur laquelle de nouvelles espèces locales d’arbres, comme le châtaignier, le hêtre ou le chêne, ont été replantées. Plus adaptées à la région et plus résistantes au vent, elles sont aussi un véritable repère à biodiversité. « Une haie de chêne va compter environ 200 espèces tandis qu’une haie de cyprès seulement 4 ! » rappelle Yann Gouez du syndicat des eaux du Bas Léon, qui pilote le projet Breizh Bocage.

Le programme, en partie financé par le FEADER, cherche à préserver et renforcer le maillage bocager en Bretagne, largement détruit au cours des 30 dernières années. Les effets bénéfiques sur la qualité de l’eau et la biodiversité, mais aussi sur les rendements agricoles poussent de plus en plus d’agriculteurs, installés en bio ou en conventionnel, à replanter les haies et reconstruire les talus autour des leurs champs.

« Nous sommes en train de recréer un maillage bocager qui existait avant, mais de manière plus méthodique et scientifique » explique Prosper Quellec, le vice-président du syndicat du Bas Léon en charge des espaces terrestres. À la fin du programme en 2020, plus de 100 km de haies auront été recréés dont 13 600 arbres replantés sur le bassin-versant de l’Aber Wrac’h.

(…)

Ouest France

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