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Lausanne (Suisse) : 2 kilos et demi de cocaïne découverts dans un squat de migrants. Pour l’extrême-gauche, la solution pour éviter le trafic est la régularisation.

23/10

Ils s’étaient installés il y a un mois tout juste. La centaine de migrants africains qui forme le Collectif Jean Dutoit avait quitté Lausanne fin septembre pour s’installer dans un nouveau lieu: l’ancienne halle Switcher au Mont-sur-Lausanne. Lundi en début d’après-midi, leur squat a été visé par une vaste opération antidrogue de la police cantonale et de la police municipale lausannoise. Ordonnée par le Ministère public, la descente a mobilisé près de 180 agents de 14 h à 17h30. Elle a abouti à l’arrestation de cinq personnes. 2,5 kilos de cocaïne ont été saisis, ainsi que plusieurs milliers de francs suisses et d’euros.

«C’est une prise conséquente dans la configuration actuelle du trafic, se réjouit Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la police cantonale. De grosses quantités de drogue sont rarement stockées au même endroit. Ce n’est pas un hasard. Nous étions là au bon moment grâce au travail de nos enquêteurs.» Il précise que la police recherchait un individu en particulier. Un Nigérian de 28 ans a en effet été identifié comme étant l’auteur principal du trafic.

Contacté après le départ de la police, un habitant du squat témoigne d’une descente qui s’est passée sans heurts. «Ils ont contrôlé les papiers de tout le monde et ils ont fouillé tout le bâtiment. Ils n’ont pas hésité à endommager nos affaires.» Selon la police, 80 individus ont en effet été contrôlés. Hormis les personnes interpellées, les occupants ont pu rester dans la halle au terme de l’opération. «Il ne s’agissait pas d’évacuer le squat», précise Jean-Christophe Sauterel, qui ajoute que le Collectif Jean Dutoit n’était pas ciblé en tant que tel. «Ce sont les opérations menées depuis un mois aux abords du bâtiment qui ont permis d’établir que plusieurs personnes s’y trouvant étaient impliquées dans du trafic de stupéfiants», explique-t-il.

Depuis son changement d’adresse, le collectif s’était plaint par voie de communiqué de fouilles systématiques aux abords du bâtiment. De fait, selon les informations données par la police, depuis le 24 septembre, 1,78 kilo de cocaïne a été saisi sur 13 personnes originaires du Nigeria, de Sierra Leone et de Gambie notamment, interpellées alors qu’elles quittaient le squat. Jean-Christophe Sauterel dément toutefois tout durcissement du dispositif autour du nouveau squat. «Il n’y a pas eu de contrôles systématiques.»

Quoi qu’en dise la police, ce n’est pas la première fois que le Collectif Jean Dutoit est visé par une grosse opération antidrogue. Fin mai dernier, il y avait déjà eu une descente dans l’immeuble occupé par les migrants à la Blécherette avant leur installation au Mont-sur-Lausanne. Elle avait impliqué près de 150 gendarmes et policiers, aboutissant à l’arrestation de quatre personnes. À cette occasion, une centaine de grammes de cocaïne et 20’000 francs suisses avaient été saisis. La police précisait alors qu’elle avait déjà arrêté 12 trafiquants en lien avec le même squat au cours des mois précédents, saisissant 6 kilos de cocaïne et 41’000 francs.

Parmi les individus arrêtés en mai dernier, deux sont aujourd’hui toujours en détention provisoire, dont un Nigérian de 52 ans. Celui-ci avait été désigné par la police comme l’organisateur du trafic de cocaïne basé au squat de la Blécherette. Plusieurs sources ont depuis confirmé que cette personne occupait une position importante dans l’organisation du Collectif Jean Dutoit, se faisant appeler «The Chairman», ou «Le Président».

«Dans chaque squat successif le trafic était structuré et organisé autour d’un chef», observe Jean-Christophe Sauterel. «Ce sont des lieux où viennent s’approvisionner des grossistes qui vont ensuite alimenter les petits revendeurs qui sont dans la rue», détaille-t-il. Le porte-parole de la police ne donne en revanche pas de précisions sur le poids que représente le squat du Mont-sur-Lausanne dans le deal de drogue lausannois, pas plus que sur l’impact attendu de l’opération de lundi. «Elle ne peut en tout cas pas éradiquer le deal. C’est un travail permanent. La police doit en revanche intervenir pour ne pas laisser s’installer des zones de non-droit.»

Par le passé, le Collectif Jean Dutoit n’a jamais nié que certains de ses membres étaient impliqués dans la vente de drogue. Lors de la perquisition de lundi au Mont-sur-Lausanne, une poignée de jeunes gens soutenant les migrants avaient fait le déplacement, maintenus à distance par les policiers. «On a toujours dit que la solution pour mettre fin ces trafics serait de régulariser ces gens et leur donner un travail», déclare une militante. Comme les autres jeunes, son soutien aux migrants n’est pas entamé par les saisies de drogue et les arrestations. (24 heures)

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