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L’immigration de masse est-elle un fantasme ? Philippe Lemoine répond à C. Viktorovitch : « Il est anti-démocratique de nier la réalité »

25/09

Sur Cnews la semaine dernière, le chercheur au CNRS Clément Viktorovitch a doctement affirmé que la France ne connaissait pas d’immigration de masse. Sa démonstration n’était qu’une accumulation de confusions.

(…) On voit au passage que, contrairement à ce que répètent à longueur de temps d’autres cognoscenti qui ne savent pas davantage de quoi ils parlent que Viktorovitch, il est parfaitement faux que les flux d’immigration n’ont pas bougé depuis des années. Au contraire, entre 2007 et 2017, le nombre de premiers titres de séjour accordé à des ressortissants de pays hors de l’EEE a augmenté de plus de 40%. (…)

L’INSEE ne fournit pas une décomposition plus détaillée du solde, qui nous permettrait de connaître le solde pour les immigrés extra-européens. Mais d’après Hervé Le Bras, qu’on peut difficilement présenter comme un opposant à l’immigration, cité dans le Nouvel Observateur, un magazine fasciste bien connu, celui-ci serait d’environ 130 000 (…)

Il est intéressant de distinguer l’immigration européenne de l’immigration non-européenne pour plusieurs raisons. En effet, les immigrés extra-européens et leurs descendants diffèrent des immigrés européens et de leurs descendants de plusieurs manières, qui ont des conséquences importantes en termes de politique publique. Ils ont un niveau d’éducation largement inférieur, un taux de chômage très supérieur, un taux d’activité nettement inférieur, un taux d’incarcération beaucoup plus important, etc. Encore une fois, ce n’est pas seulement vrai des immigrés non-européens eux-mêmes, mais aussi de leurs descendants. Sans même parler des différences culturelles et de leur impact sur la vie de tous les jours. (…)

(…) Le chiffre que donne Le Bras est probablement le bon, du moins s’il a été correctement repris par le Nouvel Observateur, car il dispose de données que je n’ai pas et les hypothèses que j’ai faites pour arriver au chiffre de 115 000 sont de nature à sous-estimer le solde réel. Mais supposons par acquis de conscience que le bon chiffre est l’estimation basse à laquelle je suis arrivé. Cela voudrait dire que, au rythme actuel, l’immigration extra-européenne accroît la population française d’environ 575 000 personnes tous les 5 ans, soit l’équivalent de la ville de Lyon, troisième commune de France en termes de population.

D’autant que le solde migratoire des immigrés non-européens donne une image trompeuse de l’effet à long terme de l’immigration extra-européenne, car les immigrés non-européens sont beaucoup plus jeunes que les natifs et ils ont une fécondité nettement plus forte. (…)

Si l’on veut se faire une idée de l’effet de l’immigration extra-européenne sur la démographique de la France à long terme, le mieux est de regarder les chiffres de l’INSEE sur l’origine des nouveau-nés. (…)

Il est en effet complètement improbable que la proportion de nouveau-nés dont au moins un des parents est né hors de l’UE ait pu augmenter de 48% et celle des nouveau-nés dont les deux parents sont nés hors de l’UE de 75% entre 1998 et 2017, sans que la proportion d’immigrés nés hors de l’UE n’ait elle-même augmenté considérablement pendant cette période. (…)

De fait, d’après les chiffres de l’INSEE, la part des immigrés dans la population française est passée d’environ 7,2% en 1999 à environ 9,2% en 2015, soit une augmentation de presque 30%. Si la part des étrangers est à peu près stable depuis 40 ans, comme l’a noté Viktorovitch sur CNEWS, c’est uniquement en raison des naturalisations qui interviennent chaque année et compensent plus ou moins l’augmentation du nombre d’étrangers qu’entraîne l’immigration.

(…) Pour savoir à quoi ressemblera la France dans quelques décennies, il faut regarder l’origine des nouveau-nés. Or, comme nous l’avons vu, il ne fait aucun doute qu’une part grandissante de ces derniers sont au moins en partie d’origine non-européenne. Étant donné les différences entre les personnes d’origine non-européenne et le reste de la population en termes socio-économiques, culturels, etc., ce phénomène est potentiellement lourd de conséquences pour la France et plus généralement pour l’Europe.

Que l’on dise que l’immigration de masse et le changement démographique auquel elle donne lieu ne soit pas un problème, je veux bien l’entendre (même si je suis en désaccord), mais par contre je refuse qu’on ne nie la réalité de ce changement parce que c’est malhonnête. (…)

Pourtant, à la réflexion, ça n’a rien d’étonnant. Ils ont juste conscience que les Français ne veulent pas du changement démographique provoqué par l’immigration et de ce qu’il implique sur leur mode de vie, alors ils s’efforcent à grands renforts de sophismes de nier sa réalité, comme Viktorovitch sur CNEWS l’autre jour. Mais c’est un mode de fonctionnement profondément anti-démocratique. (…)

Tribune de Philippe Lemoine

Lire l’article en intégralité (Valeursactuelles.com)

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