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Paris : reportage dans les locaux du Demie, là où se joue l’avenir des mineurs isolés

14/09

Chaque jour entre 30 et 60 jeunes migrants se présentent au Demie de Paris, unique bureau d’évaluation pour les mineurs isolés étrangers. Le personnel du centre a la lourde tâche d’évaluer leur âge, avant leur prise en charge par l’Aide sociale à l’enfance (ASE).

« Qui a rendez-vous aujourd’hui ? Montrez-moi les feuilles de rendez-vous. Les autres, vous passerez après ». Il est 9h et le Demie 75 (Dispositif d’évaluation des mineurs isolés étrangers), géré par la Croix-Rouge, ouvre ses portes. Depuis plusieurs minutes, une quinzaine de jeunes attend patiemment devant le 5 rue du Moulin Joly, dans le 11ème arrondissement de Paris, sous une pluie battante. A Paris, le Demie est l’unique local chargé de prendre en charge les mineurs isolés étrangers.(…)

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Les jeunes savent que c’est ici que se joue leur avenir. Si leur minorité est confirmée, ils seront pris en charge et hébergés par l’Aide sociale à l’enfance (ASE). En revanche, si le Demie estime qu’ils ont plus de 18 ans, c’est le retour à la rue. Les migrants majeurs doivent intégrer un autre dispositif propre aux demandeurs d’asile.

700 migrants reçus au Demie 75 chaque mois

Chaque jour, le Demie voit défiler entre 30 et 60 migrants, environ 700 par mois. « La majorité sont des hommes originaires d’Afrique subsaharienne. On voit beaucoup de Guinéens depuis l’an dernier. Et on a aussi 2% de jeunes filles », précise Stéphanie Leroux, la directrice du Demie 75, qui nous reçoit dans son bureau.

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À quelques mètres de là, dans une pièce accolée à l’accueil, Amira* reçoit Salif, un jeune homme d’origine burkinabé. C’est la première fois que le jeune garçon se présente au Demie 75.  « Comment t’appelles-tu ? Quelle est ta date de naissance ? Comment es-tu arrivé en France ? Par où es-tu passé ? As-tu des problèmes de santé ? ». Les questions d’Amira fusent. Les réponses, elles, sont succinctes. Le jeune homme ne semble pas à l’aise. Le coude sur le bureau, il se tient la tête comme s’il voulait l’empêchait de tomber.

« Je suis fatigué. Je suis à la rue depuis 2 jours, je n’ai pas mangé », souffle Salif. Après seulement quelques minutes d’entretien, le jeune homme reçoit un autre rendez-vous, début octobre.

Avant lui, Amira s’est entretenue avec Moussa*. Originaire de Guinée, Moussa se disait mineur et affirmait avoir fui un mariage forcé dans son pays. Après une demi-heure de discussion, le couperet est tombé. « Je pense que tu es majeur. Je vais le noter et le transmettre à l’ASE. Tu peux repasser demain pour venir récupérer ta notification de refus ». L’évaluatrice ajoute qu’il peut bénéficier d’un hébergement pour la nuit.

Pour la suite, Moussa devra se débrouiller par lui-même. Le jeune homme, silencieux, prend son sac à dos et quitte le Demie 75, désabusé. « Malgré son document d’identité stipulant qu’il est mineur, son attitude, son comportement et son physique me font dire qu’il est majeur », explique Amira. « Et puis, j’ai constaté trop d’incohérences dans son récit. Notamment sur le mariage forcé. Je sais que dans sa culture, on ne marie pas les hommes de force ».(…)

infomigrants.net

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