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Besançon : Un migrant soudanais témoigne « Ici, c’est difficile de se faire des amis »

Août
2018

Il a traversé la Méditerranée, bravé l’aridité du désert et la violence de guerre. Salaheldin Yaya, jeune Soudanais réfugié, se sent désormais libre, mais déraciné. Il a trouvé un peu de soutien à Besançon, grâce au dispositif de parrainage mis en place par le Secours catholique

 

Le jeune homme a 29 ans, les yeux qui brillent, le verbe hésitant. Né dans l’Ouest du Darfour, il vit aujourd’hui dans un petit studio, à Saint-Ferjeux. Il est arrivé en 2015 ici, « dans le pays de la liberté » (…).

Aujourd’hui, Salaheldin a ses papiers. Il se sent libre, mais n’en reste pas moins déraciné. « Oui, ici, c’est dur de se faire des amis, c’est différent de chez nous car les Français sont plus individuels. Au Soudan, on va passer plus de temps en groupe. Ici, les gens se voient un peu, mais après chacun repart à sa petite vie, avec son copain, ou son boulot ». 

Pour remédier à la solitude, Salaheldin a choisi de participer à un programme de « parrainage », conseillé par son assistante sociale. Le dispositif est chapeauté par le Secours catholique de Besançon.

« On a mis ça en place après le démantèlement de la jungle de Calais », explique Estelle Jeannin, coordonnatrice du dispositif. « C’était en 2016, quand les migrants ont été répartis dans des bus et envoyés un peu partout en France, et notamment en Franche-Comté. On a voulu les aider à s’intégrer, à apprendre le français, à les accompagner ». 

Le nom de Salaheldin a été inscrit sur la longue liste des « migrants à parrainer ». Gaëlle Bourgon, enseignante d’histoire-géographie, est devenue sa marraine quelques semaines plus tard. « J’avais envie à mon échelle de pouvoir faire un petit truc. C’est pas énorme, mais c’est un petit geste ». 

Pour l’instant, Gaëlle et Salaheldin se découvrent. Promenades, conversations autour d’un thé, le long de la citadelle ou autour d’une table à manger. Le duo planche aussi beaucoup sur la langue française. « Il m’écrit une sorte de journal de bord dans un petit carnet. Il raconte ses journées, son quotidien », explique Gaëlle, qui corrige le tout avec bienveillance.
(…)

 

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