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Brexit : Londres pose ses conditions au règlement de la facture ; messages contradictoires au sein du gouvernement britannique, la question irlandaise et première fissure dans le front « européen »

22/07

Le Royaume-Uni ne paiera la facture du divorce avec l’Union européenne qu’à la condition qu’un accord commercial soit trouvé, a déclaré le nouveau ministre britannique du Brexit, Dominic Raab, dans une interview parue dimanche dans le Sunday Telegraph.
L’eurosceptique Dominic Raab, qui a remplacé le 9 juillet David Davis, en désaccord avec les orientations de la Première ministre Theresa May, a affirmé qu’une « certaine conditionnalité entre les deux » était nécessaire.

Jusqu’à présent, le gouvernement britannique a envoyé des messages contradictoires concernant le règlement financier du Brexit dans le cadre d’un accord sur les modalités de sortie du Royaume-Uni de l’UE à compter de fin mars 2019.

La Première ministre britannique, Theresa May a accepté en décembre un accord financier d’un montant total de 35 à 39 milliards de livres sterling (entre 39 et 44 milliards d’euros) qui, selon les ministres, dépendait de l’établissement des futures relations commerciales. Cet accord avait rapidement été remis en cause par des membres du gouvernement.
Le ministre des Finances, Philip Hammond, un des porte-voix des milieux d’affaires au sein du gouvernement, avait cependant considéré comme « inconcevable » le fait que Londres n’honore pas ses engagements financiers envers l’UE même en l’absence d’accord commercial, soulignant que ce n’était pas « pas un scénario crédible ».

Dominic Raab a rencontré pour la première fois vendredi Michel Barnier, le négociateur en chef de l’UE. Les Européens s’inquiètent de l’enlisement des discussions et des remises en cause constantes en interne de la stratégie de Theresa May.

Le Monde

L’épineuse question irlandaise :

A Belfast, Theresa May a lancé un message clair au bloc européen : le Royaume-Uni a fait des compromis, c’est maintenant au tour de Bruxelles d’assouplir sa position. Sous le regard sans concession du petit parti nord-irlandais DUP qui lui assure une majorité au Parlement et la survie de son gouvernement, Theresa May a soudain rejeté, après l’avoir acceptée en décembre dernier, une solution en forme de « filet de sécurité » qui verrait l’Irlande du Nord rester étroitement alignée sur le marché unique de l’UE et sur l’union douanière.

Or pour la Première ministre, cette solution créerait une frontière de fait entre l’Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni et est inacceptable. Et Theresa May de mettre à nouveau en avant son « livre blanc » sur le Brexit. Un texte controversé qui propose de négocier des liens commerciaux les plus étroits possible avec l’UE pour notamment éviter de rétablir une frontière avec des douanes entre les deux Irlande.

(…)

RFI

Fissure au sein du front européen :

Jusqu’ici, les 27 Européens avaient présenté un front uni face au Royaume-Uni dans la négociation du Brexit. Mais une première fissure est apparue, vendredi matin, au Conseil européen des affaires générales, lorsque Michel Barnier a présenté aux ministres des Affaires européennes des 27 les récentes propositions de Theresa May pour achever l’accord de retrait et préparer les relations futures entre le Royaume-Uni et l’UE. Les Polonais sont les premiers à se désolidariser de l’appréciation générale des 27 qui jugent qu’en l’état, le Livre blanc de Theresa May demeure inacceptable, malgré des progrès.

Inacceptable parce que Londres propose tout simplement de rompre avec l’intégrité du marché unique en proposant un accord de libre-échange qui ne concernerait que les biens tandis que les services, les capitaux et la libre circulation des personnes en seraient exclus. De la même façon, les Européens ne jugent pas satisfaisante la solution proposée par Londres pour éviter le rétablissement des frontières physiques en Irlande. Le Livre blanc de May entame également l’autonomie de décision de l’Union européenne. « Il faut donc continuer à faire pression tout en reconnaissant que Londres avance dans la bonne direction, souffle une source diplomatique. Il ne faut pas tirer sur l’ambulance. »

Mais voilà que le représentant de la Pologne estime, pour sa part, qu’il faut se montrer dorénavant indulgent avec Londres, et tant pis pour l’Irlande et l’intégrité du marché unique. Un revirement qui a choqué mais qui s’inscrit tout à fait dans la logique de ses positions sur d’autres dossiers.

(…)

Le Point

 

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