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Méditerranée : la Tunisie refuse d’accueillir 40 migrants secourus en mer (MàJ : navire toujours bloqué, une ONG dénonce une situation scandaleuse)

23/07

23/07/2018

L’épuisement, la fatigue, le découragement ne font que croître à bord du Sarost 5. Le navire commercial est toujours bloqué devant le port de Zarzis en Tunisie, après avoir été refusé par les autorités maltaises et tunisiennes. Cela fait maintenant une semaine que les 14 membres d’équipages et les 40 migrants attendent le débarquement, avec peu de vivres, dans une situation sanitaire de plus en plus compliquée. Aucun des pays proches n’a pour l’instant accepté que le bateau accoste et permette à ces ressortissants africains de débarquer. Pour alerter l’opinion sur leur situation, l’ONG Watch the Med a recueilli des témoignages à bord du Sarost 5.

« S’il vous plaît, je supplie les Européens de nous aider ». Cette femme qui témoigne est enceinte. T-shirt bleu, foulard coloré, l’air épuisé, elle parle face à la caméra. Emprisonnée en Libye, elle est parvenue à fuir et embarquer pour l’Europe avec une quarantaine d’autres personnes.

Un voyage avorté, puisque leur bateau a dérivé avant d’être signalé dans les eaux de sauvetage maltaises, puis secouru par le navire tunisien Sarost 5, la semaine dernière. Depuis, c’est l’attente.

Parmi ses compagnons d’infortune, un homme qui a fui le Sénégal : « Moi, je n’ai pas quitté mon pays pour rien. En Casamance, il y avait la guerre, la rébellion. Ils ont tué mes parents devant mes yeux. Mes quatre frères sont restés. Dans ma famille, nous sommes six personnes et je suis le seul qui s’en soit sorti et je ne peux pas vivre seul dans mon pays ».

 

A bord, la situation est précaire. Le Sarost 5 n’est pas conçu pour transporter tant de passagers, les rescapés vivent sur le pont. Il fait trente degrés, les vivres se font rares, et plusieurs d’entre eux souffrent de la gale.(…)

rfi.fr


18/07/2018

Un bateau tunisien d’une société gazière, qui a récupéré à son bord une quarantaine de migrants, est bloqué au large des côtes tunisiennes. Ni la Tunisie, ni l’Italie, ni Malte, n’acceptent d’ouvrir leurs ports aux rescapés. InfoMigrants a pu entrer en contact avec un membre de l’équipage.

« Nous sommes bloqués en pleine mer au large de la Tunisie […] Nous sommes à bout de force ». La rédaction d’InfoMigrants a reçu mardi 17 juillet un appel à l’aide sur son compte Facebook. Le message vient de Landry, un rescapé actuellement bloqué en mer, au large des côtes tunisiennes. Avec une quarantaine d’autres migrants, il n’est pas autorisé à débarquer sur la terre ferme. La Tunisie, l’Italie, et Malte refuseraient de les accueillir sur leur sol.

Le Forum tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux (FTDES), une association tunisienne qui vient notamment en aide aux migrants, a confirmé ces informations. « La Tunisie refuse d’accueillir ces migrants bloqués en mer car elle ne veut pas à terme devenir un ‘port sûr’ de référence pour les États européens », a déclaré un de ses membres. Depuis la fermeture des ports italiens et maltais aux navires humanitaires, les autres pays autour de la mer Méditerranée (France, Tunisie, Maroc…) craignent de devenir une zone de débarquement et de faire face à un afflux massif de migrants.

Une société gazière au secours de migrants

Retour sur les événements. La semaine dernière, une embarcation de 40 migrants originaires d’Égypte, du Mali, du Nigeria, du Bangladesh, part de Libye pour tenter d’atteindre l’Europe. Après cinq jours en mer « sans manger ni boire », les migrants qui dérivent avec leur moteur en panne, s’approchent d’une énorme plateforme gazière au large des côtes tunisiennes. Les salariés de la société tunisienne Miskar – qui gère la plateforme – repèrent l’embarcation. Un des navires ravitailleurs de la société, le « Sarost 5 », lui vient en aide.

C’est là que les choses se compliquent. L’équipage du « Sarost 5 » – qui n’est donc pas un bateau humanitaire – contacte alors les autorités tunisiennes pour demander de l’aide. Alors qu’elle avait dans un premier temps accepté leur arrivée au port de Sfax, la Tunisie change d’avis et refuse d’ouvrir ses ports aux migrants, précise le FTDES. Le « Sarost 5 » contacte alors Malte et l’Italie qui eux aussi refusent catégoriquement.

Sans solutions, le bateau de l’entreprise Miskar décide de se rendre – sans autorisation des autorités – au port de Zarzis (au sud du pays). « Nous sommes arrivés dans la nuit de dimanche 15 à lundi 16 juillet à 2 heures du matin », raconte Karim*, un membre de l’équipage contacté par InfoMigrants. Mais Tunis refuse à nouveau de laisser le bateau accoster. Refoulé, le « Sarost 5 » est obligé d’amarrer en pleine mer, à quelques milles nautiques de là.(…)

infomigrants.net

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