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Le Fanatisme, ou Mahomet, de Voltaire

Juin
2010
Voltaire

Voltaire

Le Fanatisme ou Mahomet est une tragédie de Voltaire écrite en 1736. Dès sa sortie, elle déplut à l’Eglise catholique, qui se sentit visée, et qui d’ailleurs l’était. La pièce continua de déplaire : en décembre 2005, une représentation de la pièce à Saint Genis Pouilly (Ain) dut faire face à une tentative d’interdiction en provenance de Musulmans cette fois-ci. Cet acte de censure avorté remit en lumière une oeuvre un peu oubliée de nos programmes scolaires, mais qui se lit avec plaisir et nous offre une galerie de personnages peut-être pas immortels mais certainement interessants : Zopire, Roi de la Mecque, digne et lumineux, à qui même le coup de poignard de l’assassin n’arrache que des mots de bénédiction ; Séide et Palmire, adolescents criminels par manipulation ; Mahomet, dépeint en méchant absolu, qui hait jusqu’à ceux qui le servent.

L’histoire

Mahomet, déjà maître de Médine, met le siège devant la Mecque, dont le roi païen Zopire est décidé à lui résister.

Au palais de Zopire, vivent deux partisans de Mahomet : la jeune Palmire, récemment capturée, et Séide, amoureux de Palmire, qui s’est offert comme otage pour la revoir. Ces deux jeunes gens, capturés en bas âge par un lieutenant de Mahomet nommé Hercide, s’avèreront à la fin être frère et soeur, et être les enfants de Zopire.

Mahomet s’introduit dans la Mecque sous le prétexte de négocier une trève. En réalité, ses partisans mettent la trève à profit pour renforcer le siège de la ville, et lui même complote l’assassinat de Zopire.

Pour ce faire, il arme le bras de Séide en lui promettant la main de Palmire. Seide et Palmire sont pris entre leur fidélité à Mahomet et l’attirance que la bonté de Zopire exerce sur eux, mais ils sont naïfs, aisément manipulables. Chaque fois que l’un hésite devant le meurtre de Zopire, l’autre renforce son triste « courage ».

Hercide, quoique partisan de Mahomet, est assassiné par ce dernier. Au moment de mourir, il fait parvenir à Zopire un message lui révêlant que Séide et Palmire sont ses enfants.

Au moment même où Zopire apprend que les deux jeunes gens sont ses enfants autrefois perdus, Séide le poignarde et le blesse, sans pour autant qu’il meure immédiatement. Zopire leur révêle alors à la fois leur parricide et son pardon, accordé de grand coeur.

Séide ne le sait pas, mais il est lui même voué à une mort rapide, empoisonné sur ordre de Mahomet qui, loin de vouloir lui donner Palmire comme récompense de son crime, convoite la jeune fille pour lui-même.

Pendant ce temps, la Mecque retentit des combats entre partisans et adversaires de Mahomet. Ces derniers sont sur le point de gagner, mais Séide offre bien involontairement la victoire à Mahomet : il veut le poignarder, mais il n’y réussit pas, affaibli qu’il est par le poison. Il s’écroule, mourant, au moment même où il allait frapper Mahomet. Le peuple y voit un miracle en faveur du « prophète », et offre à ce dernier une victoire jusque là tangente.

Mahomet déclare alors sa « flamme » à Palmire, qui le repousse avec horreur. Qu’à cela ne tienne : le consentement de la jeune fille est le dernier des soucis du nouveau maître de la Mecque.

Mais Palmire lui échappe en se réfugiant dans la mort. Mahomet comprend alors qu’il n’aura rien de ce qu’il veut vraiment.

Il demande à son âme damnée, Omar, de veiller sur sa réputation par delà sa mort. Qu’au moins la postérité ne sache pas qu’il a commis tous ces crimes pour rien, qu’il est l’homme qui a tout raté.

Texte intégral de la pièce

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